Feed. Practices and dietary strategies

138th Congress Committee of Historical and Scientific Works. France, Rennes, 22-26 April 2013
samedi 16 mars 2013

Plusieurs communications concernent directement l’archéologie des produits biologiques :

 

 

 II. Du terroir au garde-manger planétaire

II.D. Nourritures et produits du littoral

1. Une étude fonctionnelle des céramiques à usage culinaire du site de Port-Blanc (Hoëdic, Morbihan).
Mme Charlotte Choisy-Guillou, doctorante en archéologie à l’université de Bretagne sud Lorient, membre du CReAAH (Centre de recherche en archéologie, archéosciences, histoire), UMR 6566, Rennes.
Co-auteur : Mme Marie-Yvane DAIRE
Résumé  :
En tant que reflet des sociétés, la cuisine (et donc l’alimentation) permet de replacer l’homme dans un système à la fois social et symbolique mettant en scène ses valeurs, et donc participant à la construction de leur identité culturelle. Ces questions font actuellement l’objet d’une thèse centrée sur les céramiques de l’âge du Fer dans le Grand Ouest de la Gaule, abordées du point de vue fonctionnel. Grâce à une approche pluridisciplinaire (analyses forme/fonction, tracéologie et analyses physico-chimiques), une typologie fonctionnelle évolutive de ces objets ainsi que des pistes culinaires sont recherchées. Nous développerons l’étude de cas du site insulaire de Port-Blanc (Hoëdic, Morbihan), qui a livré de nombreux restes fauniques prouvant l’exploitation de produits d’origine marine. L’étude fonctionnelle d’un lot de céramiques domestiques issues de ce site permettra d’aborder l’alimentation de cette communauté, sa gestion des ressources et ses pratiques culinaires.

 

2. Par les monts et par les grèves : pluralités des modes de vie des chasseurs-cueilleurs marins du Mésolithique en Bretagne.
M. Grégor Marchand, chercheur au CNRS, directeur du CReAAH (Centre de recherche en archéologie, archéosciences, histoire), UMR 6566, université de Rennes I.
Résumé  :
Après une quinzaine d’années d’études pluridisciplinaires des vestiges archéologiques des communautés mésolithiques, une claire différenciation des aires géographiques continentales et littorales est apparue en Bretagne. Elle semble prendre racine dans l’exploitation d’écosystèmes divers, alors que d’autres indicateurs dénoncent une uniformité des techniques et des styles à l’échelle de toute la péninsule bretonne. L’étude des restes alimentaires associée à des analyses isotopiques sur les ossements humains issus des grandes nécropoles littorales (Téviec, Hoëdic) nous a permis de conclure à une forte inféodation des êtres humains au milieu marin. Mais l’organisation du système d’acquisition des aliments reste dans l’ombre, de même, évidemment, que son articulation avec la prédation terrestre. Au cours de cette communication, nous examinerons les assises de ces économies marines, qui s’appuyaient sur la navigation péri-côtière et sur des espaces insulaires aux contours mouvants.

 

 III. La cuisine

III.A. Les outils, techniques et mobilier associés à la cuisine et à la table.

3. Alimentation et identité : analyse stylistique et fonctionnelle des plus anciens vaisseliers européens (6000-4000 avant J.-C.).
Mme Laure Salanova, directeur de recherche au CNRS.
Résumé  :
Les premières vaisselles en céramique apparaissent avec le Néolithique dans le sud-est de l’Europe au VIIe millénaire avant J.-C. Si l’origine proche-orientale de ce nouvel artisanat n’est plus contestée, les raisons de son adoption font encore l’objet de débats : biens de prestige pour les uns, objets utilitaires liés à de nouvelles formes de consommation des aliments pour les autres.
Cette question n’avait jusqu’à présent été envisagée que sous l’angle des matières premières argileuses employées pour la fabrication des pots. Nous avons au contraire cherché à comprendre les mécanismes d’adoption de la céramique en combinant plusieurs approches : une analyse anthropologique des décors céramiques pour atteindre la dimension symbolique des contenants et une approche fonctionnelle associant analyses typologiques, chimiques et tracéologiques qui s’intéresse aux contenus.
Cette méthode permet de dessiner le contour de différentes identités européennes qui n’ont guère évolué jusqu’à nos jours. Leur mise en place est sans doute plus ancienne que le Néolithique, mais la poterie devient le support visible, matériel de ces identités auparavant plus feutrées.

 IV. Saisonnalité et conservation

IV.A. Saisonnalité, conservation et consommation différée

4. L’expérimentation en réponse aux modes de stockage et de conservation durant le Néolithique ancien de Strette Barbaghju (Saint-Florent, Haute-Corse) : corrélation entre contenant et contenu.
Mme Angélique Nonza-Micaelli, maître de conférences en archéologie à l’université de Corse.
Mme Antonia Colonna, ingénieur de recherche en archéologie à l’université de Corse.
Résumé  :
Ce travail expérimental est basé sur l’utilisation de grandes formes à usage domestique du Néolithique ancien de Strette. L’étude typo-technologique céramique, révélant des critères spécifiques, notre problématique est la suivante :
Quel est le volume de contenance de ces formes ? Sont-elles fermées par des couvercles ? À quoi correspondent les traces sur les parois internes ? Combien de temps se conservent les denrées ? Sous quelles formes ? Certaines denrées laissent-elles des traces particulières ? Nous avons répondu à ces questions en 4 étapes :
- la fabrication de formes expérimentales et la mise à l’épreuve de celles-ci,
- l ’observation des contenants et des contenus après six mois d’utilisation,
- l’identification des micro et macro-traces,
- la comparaison technologique entre pièces archéologiques et expérimentales.
Il en résulte des données significatives liées au contenant (vieillissement, entretien, traces d’usure) et au contenu (durée, mode de conservation et dépôts alimentaires).

 VI. Représentations et alimentation

VI.A. Arts et pratiques alimentaires

5. Le végétal offert et consommé dans les rituels funéraires étrusques.
M. Philippe Marinval, chargé de recherche CNRS, carpologue.
M. Dominique Frère, maître de conférences en histoire ancienne à l’université de Bretagne sud, Lorient.
M. Laurent Hugot, maître de conférences en histoire ancienne à l’université de La Rochelle
Résumé  :
La documentation sur les rituels funéraires étrusque est abondante et diversifiée. Pourtant, un domaine n’a encore fait que de rares investigations : l’offrande végétale (par nature non sanglante) en contexte funéraire étrusque.
Nous nous proposons d’étudier cet aspect du rituel funéraire par le biais d’une analyse croisée de l’iconographie funéraire (sépultures peintes, comme celles de Tarquinia ou sculptée : comme la Tombe des reliefs à Cerveteri) et de l’examen des quelques dépôts sacrificiels végétaux. Les données recueillies seront mises en perspective avec celles recueillies dans des tombes de civilisations contemporaines, notamment grecques. Analyse qui permettra de dégager des similitudes entre ces différentes civilisations ou des spécificités de la culture étrusque.

 VII. Les boissons

6. Les vins au goût d’argile.
M. Antonio SILVA, archéologue.
Résumé  :
La fermentation du vin en pots d’argile remonte au tout début de l’histoire de la viticulture. Les Phéniciens, les Grecs et plus tard les Romains ont contribué à répandre cette technique de conservation du vin, ainsi que la technique de fabrication des grands récipients en céramique qui lui est associée (dolium).
Au Moyen Âge, le tonneau en bois va remplacer partout le dolium et ce, même en Italie. La méthode primitive de vinification s’est néanmoins perpétuée dans trois régions du monde ancien : en Transcaucasie (kvervi), en Grèce (pithoi) et dans le Sud de la péninsule Ibérique (talha, tinaja).
Cette communication présente une analyse comparée de ces trois cas d’études dans une perspective transdisciplinaire et transhistorique, ayant pour objectif de comprendre pourquoi et comment cette tradition s’est perpétuée jusqu’à la période contemporaine dans ces trois régions et non ailleurs.

 

7. Les toutes premières gorgées de bière et d’autres boissons fermentées : archéologie des boissons fermentées du Néolithique au Moyen Âge en Europe.
M. Philippe Marinval, chargé de recherche CNRS, carpologue.
Résumé  :
Lorsqu’on aborde le sujet des boissons fermentées dans les sociétés anciennes, seuls le vin, (essentiellement celui de raisin), la bière et accessoirement l’hydromel sont évoqués. Pourtant, plusieurs autres types de boissons (notamment des vins de fruits) étaient élaborés et consommés comme l’attestent toute une série de découvertes récentes ou les réinterprétations de documents anciens. Cette communication se propose, à partir des données archéologiques « classiques » et archéobotaniques (palynologie, carpologie...) ainsi que grâce aux analyses biochimiques de faire le point sur la question et de discuter des résultats obtenus. L’histoire des aromates servant à agrémenter ces boissons sera également rappelée.

 

8. Expérimenter la bière gauloise : les boissons fermentées à la fin de l’âge du fer.
M. Lionel IZAC-IMBERT, conservateur du patrimoine à la DRAC Midi-Pyrénées, Service régional de l’archéologie.
Co-auteurs : Frédérique Durand, archéobotaniste, EHESS, chercheuse associée UMR 5608 Traces Toulouse, Fanny Maury, responsable Archéosite Montans, Service culture et Christian Servelle, ingénieur, Drac Midi-Pyrénées, service régional de l’archéologie, UMR 5608 Traces Toulouse
Résumé  :
La cervoise constitue un topos de l’imagerie attachée à la civilisation gauloise qu’une longue tradition iconographique a repris depuis les auteurs antiques en passant par les publicitaires et jusqu’à la bande dessinée contemporaine. Face à ce dossier historiographique, les attestations archéologiques demeurent pourtant laconiques et se pose la question de la fabrication des boissons fermentées à la fin de l’âge du fer.
Le postulat de départ de ce projet d’archéologie expérimentale se nourrit de la découverte, à Montans, en 1984, de deux jarres associées à un assemblage d’objets (33 vases et 3 meules) que nous proposons de mettre en relation avec une activité de brasserie, entre la fin du IIe siècle et le milieu du Ier siècle avant J.-C.
Afin de pouvoir valider la chaîne opératoire de préparation et de stockage de boissons fermentées gauloises nous avons eu recours à l’archéologie expérimentale :
- fabrication et cuisson de jarres,
- fabrication d’un jeu de meules ;
- réalisation de deux tests de brassage, avec l’appui d’un brasseur professionnel, en s’appuyant sur les savoir-faire traditionnels, sur les mentions de textes antiques et sur les rares attestations archéobotaniques.
- mise en œuvre de prélèvements pour analyses de résidus moléculaires potentiellement conservés à l’état de traces dans la pâte des jarres.
Les résultats issus de cette expérimentation seront présentés à l’occasion de cette communication.

 Colloque 1 : Histoire de l’alimentation humaine : entre choix et contraintes

1.A. Contraintes environnementales

9. Alimentation à l’âge du Bronze et du Fer en Campanie.
Mme Claude Albore-Livadie, archéologue à l’UMR 6573, Centre Camille Jullian.
Résumé  :
À partir des fouilles récentes conduites en Campanie sur un certain nombre de sites parfois ensevelis par des produits pyroclastiques des éruptions vésuviennes, de nouvelles données ont été acquises sur l’alimentation aux âges du Bronze et du Fer. Notre intention est de présenter dans cette communication les résultats des analyses archéobotaniques et archéozoologiques des sites de Salerno, loc. Oliva Torricella, de Nola, Piazza D’Armi et loc. Croce del Papa, Battipaglia, loc. Castelluccia (Bronze ancien), de La Starza à Ariano Irpino et de Naples-Fuorigrotta, Piazzale Tecchio (Bronze moyen), d’Amorosi, loc. Montetto (Bronze moyen-récent) et enfin de Poggiomarino, loc. Longola (Bronze final et âge du Fer).
Les analyses archéobotaniques et archéozoologiques qui y ont été effectuées ont considérablement enrichi nos connaissances sur l’agriculture, l’élevage et d’une certaine façon sur l’alimentation protohistorique campanienne. Ces informations seront complétées par les données acquises dans le cadre plus ample d’autres contextes de la région.